La Salida, une ouverture ardente pour la 37e édition

Le 37ᵉ Festival International de Musique de Dinard a largué les amarres, mardi 27 octobre, au théâtre Debussy, avec La Salida, un ballet flamenco signé Rubén Molina. Entre fougue chorégraphique, intensité musicale et puissance théâtrale, cette première escale espagnole a donné le ton d’une édition placée sous le signe de « La Traversée ». Un voyage qui promet déjà de bousculer les horizons musicaux.

C’est devant un théâtre Debussy comble, aussi bien au parterre qu’au balcon, que Vincent Remy, adjoint à la Culture, et Yann Ollivier, directeur artistique, ont ouvert cette 37ᵉ édition ; une « Traversée » en écho à la Route du Rhum – Destination Guadeloupe, dont le départ se prépare cette semaine, de l’autre côté de la Rance. Avant de prendre le large, le festival a choisi de faire escale sur les rivages de la péninsule ibérique, là où le flamenco puise ses racines et sa force expressive.

Avec La Salida, le chorégraphe et danseur Rubén Molina, figure singulière du flamenco contemporain, en renouvelle le langage en faisant dialoguer l’héritage du baile avec la danse contemporaine, le classique espagnol et le théâtre. Entouré de six artistes de la compagnie La Nueva, Molina a également été rejoint sur scène par le saxophoniste Luis González Garrido que le public retrouvera vendredi à 18 h au Balneum pour un duo Au Bord de l’eau.

Du zapateado, cette percussion virtuose des pieds, à la puissance des voix et aux accents de la guitare, La Salida est avant tout une œuvre d’émancipation. Derrière son titre se dessine l’idée d’un passage, d’une échappée hors des conventions et des silences imposés. Molina donne notamment corps aux voix minoritaires, à ces existences trop souvent laissées dans l’ombre. La danse devient alors catharsis, traversée intime des blessures vers la résilience, de l’enfermement vers la liberté. Une proposition dont la portée universelle résonne particulièrement avec la thématique de cette édition.

En choisissant le flamenco pour lever le rideau, le Festival International de Musique de Dinard affirme une nouvelle fois sa volonté de décloisonner les esthétiques et de faire dialoguer les disciplines. Une entrée en matière tout en caractère, qui donne à La Traversée ses premières couleurs.

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© Jean Enders
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© Yves Marzin
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© Yves Marzin
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Le festival se poursuit

Le programme se poursuit ce mercredi 28 octobre. À 11 h et 16 h, la soprano Claire Lairy invite les tout-petits de 0 à 4 ans à plonger Sous l’océan avec Rusalka, à la médiathèque L’Ourse (gratuit sur réservation). À 15 h, salle Paul Valéry, Juliette Bély propose une rencontre musicale gratuite, Ethnologie du sonore : dans la peau et les oreilles d’un marin-pêcheur, accompagnée de la violoncelliste Coline Gaschot. À 18 h, l’auditorium Stephan Bouttet accueillera la pianiste Aline Piboule pour La Mer, un récital consacré à John Ireland et Claude Debussy. Enfin, à 20 h 30, retour au théâtre Debussy pour Après la Mer, rencontre entre jazz et musique classique réunissant le saxophoniste Émile Parisien, le pianiste Roberto Negro et le quatuor de clarinettes Anches Hantées.