De Fauré à Piazzolla, en passant par Manuel de Falla, le Duo Métis a dessiné, vendredi 30 octobre au Balneum, une géographie musicale au fil de l’eau. Porté par le dialogue du saxophone et de la guitare, ce récital intitulé Au Bord de l’eau a fait voyager le 37ᵉ Festival International de Musique de Dinard entre les rivages français, espagnols et argentins.
Né d’une rencontre à Séville en 2017, avant de prendre forme à Paris, le Duo Métis cultive l’art du dialogue entre les timbres, les traditions et les esthétiques. Une complicité forgée au fil de plus de soixante concerts à travers l’Europe, au service d’un répertoire où le savant et le populaire se répondent naturellement. Un clin d’œil à cette complicité s’est d’ailleurs glissé jusque sur l’affiche de cette 37ᵉ édition, où les deux musiciens ont pris place à bord d’un bateau.
La première escale du concert a débuté sur les rives françaises, avec Gabriel Fauré et trois mélodies empreintes de poésie : Les Berceaux, Au bord de l’eau et La Chanson du pêcheur. Changement de latitude ensuite avec les Siete Canciones Populares Españolas de Manuel de Falla. La traversée du duo s’est ensuite achevée sur les rives du Río de la Plata, où Astor Piazzolla a profondément renouvelé le langage du tango. Avec Café 1930 et Nightclub 1960, extraits de L’Histoire du Tango, le compositeur argentin racontait le passage d’une musique populaire, née dans les quartiers portuaires, vers une écriture plus libre, nourrie de jazz et de modernité.
En faisant dialoguer trois univers et deux instruments, le Duo Métis a donné tout son sens au thème de cette 37ᵉ édition : une traversée sans frontières, où les courants musicaux se rejoignent.
Retour en images
© Yves Marzin