Vanessa Wagner, de préludes en grandes traversées

Pour refermer sa 37ᵉ édition, le Festival International de Musique de Dinard accueillait, samedi 31 octobre, Vanessa Wagner au théâtre Debussy. Devant un public venu très nombreux, la pianiste a livré un récital d’une profonde sensibilité, faisant dialoguer Bach, Philip Glass et Arvo Pärt. Une dernière traversée musicale, entre les siècles et les continents, à la veille du départ de la Route du Rhum.

Samedi soir, au théâtre Debussy, quelques heures avant que les voiliers de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe ne prennent le large, de l’autre côté de la Rance, la pianiste Vanessa Wagner invitait le public dinardais à une autre forme de navigation, intérieure celle-ci, entre les époques, les écritures et les sensibilités.

En ouverture de cette ultime soirée, Vincent Remy, adjoint à la Culture, et Yann Ollivier, directeur artistique, ont tenu à remercier chaleureusement les artistes et le public qui ont fait vivre cette 37ᵉ édition. Cette dernière escale était confiée à l’une des personnalités les plus singulières du piano français, aussi familière du grand répertoire que des territoires de la création contemporaine.

La transatlantique musicale s’ouvrait avec Arvo Pärt. Une entrée en matière propice au recueillement, avant le dialogue fascinant entre Bach et Glass. Loin d’opposer les deux univers, Vanessa Wagner en révèle les affinités profondes. À travers l’alternance des Études du compositeur américain et des Préludes du Clavier bien tempéré, le récital a dessiné une continuité inattendue de l’histoire musicale. Le minimalisme ne se présente plus comme une rupture, mais comme une autre manière d’explorer des principes qui traversent depuis longtemps l’écriture pour clavier.

Vanessa Wagner, dont l’enregistrement des Études de Glass lui a valu une nouvelle nomination aux Victoires de la musique en 2026, trouve dans ce répertoire un terrain d’expression particulièrement personnel. L’émotion était également dans les mots. À l’issue du récital, après quelques mots de remerciements, Vanessa Wagner a pris le temps d’éclairer sa démarche et les liens qu’elle perçoit entre les compositeurs. Des applaudissements nourris et un rappel ont prolongé ce moment de partage, refermant avec délicatesse cette dernière soirée.

Ainsi s’achève la 37ᵉ édition du Festival International de Musique de Dinard. Tandis que les navigateurs du Rhum s’apprêtent à affronter l’Atlantique, le festival laisse derrière lui le souvenir d’une autre aventure : celle d’une musique capable de relier les siècles, les cultures et les sensibilités. Avec Vanessa Wagner, Dinard a trouvé pour son dernier soir une bien belle manière de prendre le large.

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© Jean Enders