37e édition, première bouchée

Hier soir, au théâtre Debussy, le Festival International de Musique de Dinard a ouvert son année musicale par l’un de ces rendez-vous dont la singularité fait désormais tradition : un concert-dégustation, prélude à sa 37e édition. Devant un parterre nombreux, comptant 166 spectateurs, la soirée a confirmé l’attachement du public dinardais à ce format particulier, où la rigueur de l’interprétation rencontre l’art de recevoir. Dans un climat de convivialité, les échanges se sont prolongés autour des tables, bien au-delà des dernières mesures.

Invité d’honneur, le mandoliniste Julien Martineau a donné à entendre les multiples visages de son instrument. Sous ses doigts, la mandoline a déployé une palette expressive qui a surpris autant qu’elle a séduit les spectateurs. De Bach à Brahms, en passant par Calace, Yann Tiersen et Asturias, la qualité musicale a été unanimement saluée ! « Je suis très heureux de jouer à Dinard dans cette région que j’aime », a confié l’artiste, manifestement touché par l’accueil.

La soirée revêtait aussi, pour Julien Martineau, une dimension particulière : véritable concert de lancement, elle précédait de quelques heures la sortie de son nouvel album, « La cinquième saison », dévoilé en avant-première au public dinardais.

À l’issue du concert, la tradition gourmande a pris le relais. Née de la collaboration entre le festival et le lycée hôtelier Yvon Bourges, la dégustation a une nouvelle fois démontré la pertinence d’un dialogue entre disciplines : une classe de 11 élèves, accompagnée par leurs enseignants Christine Facca et Philippe Verhoef, a imaginé un parcours gustatif directement inspiré du programme musical, mêlant identité bretonne et apports extérieurs. Farine de sarrasin, oignons de Roscoff et andouille de Guéméné ont ainsi croisé arancini, blinis et gougères du Jura. Un écho culinaire aux couleurs sonores de la soirée.

Après cette soirée réussie, la page se tourne désormais vers l’automne et la 37e édition. Dinard a donné hier son premier accord, le reste de la partition promet d’être à la hauteur.

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Photos : Jean Enders